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BEAUDREVILLE (GOMETZ-LA-VILLE)

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Le Hurepoix

 

 

           La première implantation du dispositif clandestin du Hurepoix fut une maison rurale, une fermette sur un terrain de 2000 mètres carrés, située au Hameau de Beaudreville, commune de Gometz-la-Ville. Elle avait été louée dès septembre 1940 à une institutrice d'Issy-les-Moulineaux.

Au cours de l'hiver 1940-41, Victor installa une imprimerie dans la ferme de Beaudreville. Pour acheminer le matériel, il mit a contribution le cheval qu'il avait fait venir de Bretagne.

 

ci-contre, le passage difficile de la côte de Gometz

      A cette époque, Arthur  Dallidet s'efforçait de doter le Parti d'une infrastructure rurale lui permettant de subvenir aux besoins essentiels, à savoir nourrir des militants et produire de la littérature. Les camarades Raoul et Henriette Neunlist  étaient imprimeurs, mais ils eurent tôt fait de s'initier aux rudiments de la vie à la campagne. Comme tant d'autres citadins transplantés, ils aménagèrent sur leur lopin un potager, quelques cages à lapins, un poulailler, suffisamment pour qu'on puisse y prélever assez régulièrement une bête qui devait avoir l'honneur de participer au redressement physique et moral d'une maisonnée de clandestins. L'imprimerie était prévue pour le dépannage, en cas de coups durs, en marge de l'imprimerie centrale de Maurice Prigent , dans le 12ème arrondissement. A la même époque, Arthur disséminait d'autres implantations de ce type autour de Paris.

            Raoul et Henriette venaient de Malakoff, ils avaient dû rompre tous leurs contacts, camarades de Parti ou famille, en bref, disparaître de la circulation. Jusqu'en 1943, ils auront dû payer leur supplément de lapin et de pommes de terre au prix fort de la solitude à deux et de l'isolement. A partir de 1943, le loquace et souriant Henri Raynaud , leur tenant compagnie, saura leur insuffler une dose minimum d'agitation pour ne point sombrer dans la neurasthénie.

            Le cheval breton, que Victor reçut à Vaugirard, et par la suite unique employé de la société de transport Teulet, fut mis à contribution pour le transport de l'imprimerie. Raph avait fait le chargement à Clamart, où était entreposé le matériel, et Victor le conduisit à Gometz, mais, à deux kilomètres de l'arrivée, lorsqu'il faut quitter la vallée de l'Yvette pour grimper sur le plateau, la redoutable côte de Gometz-le-Châtel représente un obstacle redoutable pour les cyclo-touristes mal aguerris et les équipages trop chargés. Le cheval, pas très costaud, et sans doute affaibli par les rationnements, fatigué et peut-être même "réactionnaire", stoppa tout net au milieu de la côte. Raoul Neunlist , qui s'était joint à l'équipée, était parti en quête d'un autre cheval quand les gendarmes arrivèrent. La charrette était heureusement bâchée, et Victor qui ne se démontait pas facilement, sut apitoyer la maréchaussée avec une histoire de cuisinière à charbon. Grâce au renfort des deux gendarmes, le chargement fut hissé sur le plateau, mais le cheval qui n'était finalement pas si crevé, agacé par la présence de la jument que Raoul avait réussi à dégotter, s'en prit à Victor qui dut faire entendre raison à la bête en saisissant un manche de pelle qui traînait opportunément par là. On n'entendit plus parler du cheval dans l'histoire du dispositif clandestin.

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